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QUENSELY (Georges) , montreur de curiosités , faisait voir à la foire Saint-Laurent de 1708 un cheval savant.
L'an 1708, lejeudi 13 feptembre, environ les 6 heures du foir, nousCéfar-Vincent Lefrançois, etc., étant à la foire St-Laurent pour obferver ce qui s'y paffe, avons été averti qu'il y avoit du bruit dans le préau du côté du cabaret de l'Épée royale : Nous y étant à l'inftant tranfporté, avons vu devant la loge de Georges Quenfely, Allemand, qui fait faire l'exercice à un cheval, une grande populace amaffée, s'eft préfenté à nous un particulier fans per­ruque qui nous a dit fe nommer Louis Prévoit, marchand de chevaux, de­meurant rue St-Martin, à *la fleur de Lis, étant bleffé au haut de la tête, faignant beaucoup. Nous a montré fon bras meurtri et nous a fait plainte et dit que cejourd'hui, environ les deux heures de relevée, trois ou quatre laboureurs de la France étant venus le voir pour acheter des chevaux, ils ont bu un coup enfemble. Enfuite font venus à la foire ayant envie de voir faire l'exercice et tours au cheval inftruit par un Allemand; ils fe font adrelTés audit Allemand, que le plaignant a prié de leur faire voir ledit cheval dans le moment parce que ceux de fa compagnie étoient bien aifes de s'en re­tourner, ledit Allemand, en fon langage, les a envoyés voir les chiens de la foire, leurs camarades. Un de la compagnie ayant infifté et lui demandoit ce qu'il falloit, voyant qu'il le rebutoit ainfi que l'archer de la porte et le parti­culier qui appelle le monde, il lui auroit dit : « Allons-nous-en et laiflons là fon cheval. » Il a été furpris qu'auffitôt ledit Allemand lui a déchargé plu-fieurs coups de canne fur la tête et fur les bras qui l'auroient bleffé de la manière qu'il nous eft apparu. Que l'archer avec fa pertuifane et fon homme qui appelle, font venus fur lui et auroient continué i. le maltraiter, fi préfen-
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